Cette thèse propose une analyse des modes sémantiques et lexicaux dans le roman Les Âmes grises de Philippe Claudel, à travers une approche linguistique et stylistique. Elle cherche à montrer comment les structures lexicales et les procédés sémantiques contribuent à la construction des personnages, à l’expression des tensions psychologiques et sociales, ainsi qu’à la mise en œuvre de la subjectivité dans le discours romanesque. Le travail repose sur l’hypothèse que le langage n’est pas seulement un vecteur de narration, mais un dispositif symbolique porteur de valeurs esthétiques et humaines. En mobilisant des outils issus de la sémantique, de la stylistique et de la pragmatique énonciative, cette recherche met en lumière le rôle du lexique dans la structuration du sens et la densité affective du texte. À travers cette grille d’analyse, le roman apparaît comme un espace discursif dans lequel les tensions morales et existentielles prennent forme à travers des choix linguistiques soigneusement orchestrés. L’intrigue du roman se déroule dans un village français pendant la Première Guerre mondiale, où le meurtre d’une fillette provoque un bouleversement silencieux au sein de la communauté. Mais au lieu d’un récit purement policier, Claudel propose une plongée dans l’intimité des personnages, révélant leur fragilité, leurs dilemmes éthiques, et leur incapacité à distinguer clairement le bien du mal. Le lexique employé devient alors un reflet des zones troubles de l’âme humaine, là où l’innocence et la culpabilité, le silence et la vérité, la douleur et la mémoire se confondent |